Désir d’enfant : de l’in-fer-ti-li-té à l’acceptation d’être imparfaite

Ce matin, j’ai été interpellée par un article publié sur facebook d’une personne qui en avait assez qu’on lui demande pourquoi elle n’avait pas encore d’enfants : http://sain-et-naturel.com/demande-pas-encore-d-enfants.html.

Je n’ai pas pu m’empêcher de ne pas réagir.

Voici ce que j’ai partagé :

Je profite de cet article pour vous souhaiter une belle prise de conscience mes amis et vous OUVRIR mon ❤.

Un sujet qui me parle, un sujet qui me touche, un sujet qui ne peut me laisser indifférente.

Parfois le désir d’enfanter ne vient pas toujours naturellement, ne se contrôle pas, ne se programme pas comme nous le souhaitons, il y a parfois des facteurs qui nous échappent et derrière ce désir se cache une souffrance, une culpabilité, une peine, une obsession, une colère, un combat qui finissent par s’épuiser avec le temps…je suis passée par beaucoup d’étapes, d’épreuves, de techniques. Aujourd’hui, je décide de lâcher prise et de me re-laisser de l’espace pour respirer, pour vivre tout simplement sans me mettre cette pression sociale.

J’accepte d’être une femme, d’être une mère d’une manière différente. Je suis une tata gaga de 8 neveux et nièces, j’ai un contact naturel avec les autres enfants quand l’occasion se présente dans mon travail ou en dehors. Comme si entre eux et moi, nous pouvons enfin parler le même langage, sans mettre de masque. Je comprends mieux pourquoi je suis sensibilisée et appelée par l’accompagnement bienveillant aussi bien des petits comme des grands (les adultes). J’ai la chance de travailler sur des projets liés au handicap et j ai remarqué un point commun entre nous tous « HUMAIN », que l’on soit une personne valide ou non et quel que soit notre statut social. Le point commun c’est que nous avons tous un HANDICAP visible ou invisible (pour la plupart d’entre nous, nous sommes des handicapés émotionnels) jusqu’au jour où l’on a la chance d’en prendre conscience ou pas pour le surmonter et le transformer.

Vous n’imaginez même pas la souffrance que peut engendrer ces questions de politesse  » Alors c’est pour quand ce bébé ? »,  » alors t’es toujours pas enceinte ? C’est une mort, une attaque à petit feu. Cette belle intention de départ devient une mal_adresse (une adresse erronée que l’on envoie sans le savoir) que nous inflige inconsciemment la société, la famille, l’entourage et surtout nous-même.

Au début on est un peu gênée de ne pas être comme tout le monde, de ne pas être dans cette suite logique du mot « famille », de ne pas faire partie du clan. On est fatiguée, épuisée, parfois agacée en silence puis on finit par oser dire STOP à ces questions maladroites.
Combien de fois j’ai entendu  » tu comprendras quand tu seras mère ! ».

Mes questions sont :

– est-on plus heureux ou malheureux qu’un couple avec enfants ? la vie nous le dira.
– A-t-on vraiment besoin d’un label pour être une bonne mère ?
– Lorsque nous prenons soin d’une personne avec amour et sincérité, n’est-on pas déjà une bonne mère ?

Je rassure les personnes qui se posent ces questions pour moi ou sur moi que ce n’est pas une fin en soi c’est juste une autre direction de vie que je décide de prendre avec amour et compassion envers moi-même. Je ne baisse pas les bras pour autant, je reste dans l’ouverture de ce que la vie me donne ou ne me donne pas. J’ai appris qu il faut apprendre à faire le deuil d’un désir devenu obsession pour laisser la vie re_naître.

Qu ai-je à apprendre de cette expérience ?

Je pense que ce qui a été le plus difficile pour moi en tant que professionnel dans l’accompagnement et en tant que Kinésiologue c’est de comprendre et d’accepter en toute humilité que je suis un être humain avant tout avec ses limites et ses souffrances que j’ai appris et que j’apprends encore à transformer. Et oui, j’accepte de ne pas être cette SUPERBE WOMAN que certaines personnes auraient aimé que je sois ! Je suis imparfaite et je l’assume 🙂 !

La prochaine fois que vous me croiserez demandez-moi plutôt ce que j’ai envie de partager avec vous et SVP n’ayez pas pitié de moi en disant  » ma pauvre » . Comme dirait une personne malvoyante que j’accompagne « ne supposez pas demandez ».

Arrêtons de vouloir combler le vide par des questions de politesse, de juger, de projeter nos peurs ou nos perceptions erronées…cultivons l’amour, la compassion pour les diffuser à l’infini…Alors le soleil brillera encore pour tout le monde.

Belle journée à vous mes amis